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Alfa Romeo Giulia, la berline italienne qui ne mérite pas du tout son nombre de ventes

par Sam

Il n’y a pas à dire, les allemandes dominent le marché des berlines. Comme on l’a vu dans cet article, le Top 10 Européen est gangrené par les groupes allemands, Mercedes en tête. Il existe quelques exceptions, comme la Peugeot 508 qui est 9ème et premier en France avec près de 10 000 ventes, suivi de la Talisman avec près de 4500 ventes sur 2019. Ce sont les données des ventes allant jusqu’en septembre 2019.

Mais les italiens ne se laissent pas abattre pour autant. Ils sortent, eux aussi, la carte de la berline familiale ayant pour but de concurrencer les éternels BMW, Mercedes et Audi. Et la marque qui aura cette tâche non aisée, c’est Alfa Romeo. Jusqu’alors hors de la course depuis l’arrêt de la 159 en 2011, elle revient en force 4 ans plus tard. Son nom ? C’est la Giulia. Dévoilé le 24 juin 2015 à l’usine d’Arese, en version QV (Quadrifoglio Verde), c’est lors du salon de Génève en mars 2016 qu’elle fera sensation avec le reste de la gamme.

Alfa Romeo revient en force, avec un fort investissement qui se compte en milliards d’euros. Puisque la Giulia est basé sur une toute nouvelle plateforme, il faut préparer les usines de sorte à ce qu’elles puissent fabriquer et assembler la Giulia. De plus, une montée en gamme est également décidé, puisque si son prix de départ est fixée à 34 100€, on peut monter jusqu’à 84 900€ pour la version Quadrifoglio, qui embarque un V6 basé sur le moteur Ferrari, libérant 510 chevaux. Ce qui est énorme pour un berline familiale ! Par contre, étant donné que Ferrari ne fournira plus Maserati dès 2022, on peut se demander si la Giulia (et la Stelvio) Quadrifoglio pourra encore en bénéficier.

Et pourtant…

C’est la voiture la plus belle de sa catégorie, voire même tout court. D’ailleurs, elle avait reçu le prix de « Plus belle voiture de l’année de 2016 » l’année suivante au Festival automobile international. Mais rien n’y fait, l’Alfa Romeo Giulia ne voit pas ses ventes décoller comme elles devraient. Comment cela se fait-il ? Pourtant, FCA a dépensé des milliards pour la relance d’Alfa, qui est passé donc par ce modèle.

En Europe, il s’est vendu (pour le moment) plus de 6000 Giulia cette année. De plus, la berline familiale italienne est également présente sur le continent américain, mais là encore, les ventes sont au plus bas. Pourtant, on aurait pu penser qu’elle s’en sortirait, au moins avec la version à 510 chevaux, car les américains aiment les grosses puissances. Alors que la berline va sur sa quatrième année, on peut se demander pourquoi la sauce ne prend pas. Une de ses concurrentes, la Peugeot 508, s’en sort mieux alors qu’elle propose des moteurs moins puissants dans l’ensemble.

Ce qui est bien chez la Giulia

Il faut savoir que l’Alfa Romeo Giulia est ma berline préférée. Donc on va peut être penser que je ne suis pas objectif, mais il n’empêche qu’elle ne mérite pas autant d’échec. Surtout qu’on pourrait penser qu’elle soit mal aimée, alors qu’au contraire… Toutes les personnes à qui j’ai demandé ce qu’ils pensaient de cette voiture, sans exception, la trouvaient belle. Elles trouvent qu’elles dégagent quelque chose. Donc le soucis n’est pas au niveau du design.

La berline est une propulsion, les matériaux utilisés sont de qualité (on peut trouver du carbone au niveau du capot, du toit, de l’arbre de transmission, et aux sièges avant notamment). Les très bons points de la voiture commencent par l’extérieur, qui est très bien dessiné. Il n’y a rien à dire là-dessus pour ma part. Certains n’aiment pas comment les feux avant sont dessinés, mais ça dépend des goûts après.

Un intérieur personnalisable à souhait, sauf si c’est une occasion

Pour ce qui est de l’intérieur, on a encore d’autant plus de points positifs. D’ailleurs, à tel point qu’il faudrait vraiment la commander neuve pour en bénéficier :

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Parce que je parle de la personnalisation. Les choix de couleur du cuir sont nombreux, on peut même opter pour cette couleur intérieur :

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Ce qui est, pour ma part, mon préféré. Je compte me procurer une Giulia dans un avenir proche. J’aimerais personnellement viser cet intérieur, quitte à allonger plus. Parce qu’elle est vraiment magnifique. Le cuir rouge est également excellent. Et ce n’est pas la seule couleur qui lui va bien. Ce que j’aime moins, c’est quand les clients ont opté pour le noir, car ça rend l’intérieur sombre, donc triste.

Pour ce qui est du reste, autant j’aime bien les compteurs numériques, mais autant ici, j’adore les compteurs à aiguilles que la Giulia possède. L’écran du milieu est très incrusté et n’est pas tactile, mais personnellement, je préfère que ça ne le soit pas. Certains n’aiment pas, mais que veux-tu. Il vaut mieux opter pour une version à boite automatique, pour être davantage sur l’autoroute. Une personne qui aime conduire durant des kilomètres appréciera la Giulia, car elle est confortable sur autoroute, selon les tests automobiles qui ont été réalisés par-ci par-là.

Les consommations de la Giulia

La taille du réservoir est de 52 litres. Pour ce qui est de la consommation, on aura pour les versions diesel 6,1 à 6,3 litres au 100 selon la puissance. Plus elle sera élevé, plus la Giulia consommera. On aura même 6,8 litres au 100 pour la version 210 chevaux en diesel. Il faut préciser que le moteur diesel, peu importe la puissance, délivre 210 chevaux de base. Mais il a été simplement dégonflé pour les versions à 136 (entrée de gamme), 150, 160 et 180 chevaux. La version à 190 chevaux a récemment remplacé les versions à 180 et 210 chevaux. Encore un coup des normes européennes.

Pour les versions essence qui démarrent à 200 chevaux, on sera dans les 8,6 litres au 100. La version à 280 chevaux consomme 8,9 litres au 100. Quant à la version Quadrifoglio qui délivre 510 chevaux, on sera à 11,5 litres au 100 en moyenne, ce qui est correct pour la puissance annoncée.

Dans les faits, la Giulia est assez gourmande comparé à la concurrence, mais après, elle procure une meilleure sensation de confort sur la route. Les données que je vous livre ne sont pas celles des constructeurs, mais celles de la réalité, selon plusieurs témoignages. Donc si tu as une Giulia, tu auras ces consommations en moyenne.

Ce qui empêche la Giulia de cartonner

Si la berline qui récupère le nom de son prédécesseur des années 60 ne marche pas, c’est à cause de la réputation que possède Alfa Romeo. En résumé, Alfa Roméo ne rime pas avec fiabilité, et la Giulia en paye le prix. Parce que si les concessions Alfa ne sont pas si remplies que ça, c’est parce que les problèmes de fiabilité qu’à connu la marque par le passé se répercute sur celles de la Giulia. Alors, il arrive que cette dernière à des problèmes.

Celles qui ont été répertoriés, c’est la reprise quand le moteur est froid, qui ne permet pas des accélérations franches (pour les diesels), la trappe à carburant qui ne s’ouvre pas toujours, l’usure prématurée des pneus. Mais sinon, c’est tout ce que j’ai pu trouver la concernant. Après, il y a largement pire niveau fiabilité mais disons que le passé d’Alfa l’a rattrapé. Résultat, la Giulia décote parce qu’elle traîne ce lourd passe et qu’en plus, elle ne se vend pas des masses. Après, les berlines familiales ont souvent tendance à décoter.

Le prix de la Giulia en neuf peut en rebuter certains. Enfin, le fait qu’aucune version break de la Giulia n’existe n’a pas arrangé les choses. Les breaks représente 60% des ventes d’une berline. La Giulia manque ainsi une potentielle clientèle. Parfois, les concessions les redirigent vers la Stelvio, mais ceux qui ne veulent pas de SUV pour autant iront surtout chez la concurrence. Enfin, le changement de la taxation CO2 en 2020 n’ira pas en faveur de la Giulia en 2020. Ceux qui voudront le modèle devront se rabattre sur les modèles d’occasion s’ils ne veulent pas payer de fort malus.

En conséquence

L’Alfa Romeo a manqué certains marchés comme le break, elle est considéré comme trop cher par certains. Mais ce qui fait qu’elle ne marche pas des masses, c’est surtout parce que c’est une berline. D’ailleurs, Alfa Romeo a tenté de compenser en lançant la Stelvio, une Giulia rehaussée pour en faire un SUV. Résultat, on voit surtout la Stelvio sur les routes, et beaucoup moins la Giulia.

Le marché des berlines familiales va sûrement se relever un jour, surtout que la majorité de la jeune génération (dont moi) n’aiment pas les SUV. Il faut dire que les utilisateurs de ces engins sont tellement clichés (Josiane de la comptabilité, Josette qui va faire les courses, les familles) que ça a terminé d’attirer la jeune génération. Les SUV se voulaient tendance, mais résultat, ce sont seulement les adultes de plus de 40 ans qui en achètent. Le mec de 18 ans, ça ne le fait pas rêver.

Personnellement, je suis fan de la Giulia. A terme, je sais que je vais m’acheter cette voiture. En occasion, bien sûr, car c’est vrai qu’elle est chère en neuve et je ne suis pas fan du leasing. En tout cas, cet article était écrit pour mettre en avant une voiture qui ne mérite pas un aussi gros échec. Mais bon, elle s’en sort quand même bien. Enfin, disons que je n’aimerais pas être à la place du fan de la Kia Stinger…

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