Accueil Analyse La Renault Laguna Coupé, une voiture qui aurait mérité plus de projecteurs

La Renault Laguna Coupé, une voiture qui aurait mérité plus de projecteurs

par Sam

On la compare parfois à l’Aston Martin Vantage (l’arrière, surtout). On va parler de la Renault Laguna Coupé, la variante de la troisième génération de la berline du même nom, qui fut remplacé par la Talisman en 2015. Pourquoi je m’intéresse à ce modèle en particulier ? A part le fait que je compte probablement en acquérir un, c’est aussi pour son histoire et sa particularité.

En l’occurrence, le fait que Renault ait eu le courage de proposer une variante coupé aussi jolie, mais qui n’a pas eu le succès qu’elle méritait. On va donc voir, à travers cet article, l’histoire de la Laguna coupé principalement, qui est sorti à la fin des années 2000. Est-ce que Renault a vu grand ? En tout cas, ils ont essayé, et on ne peut pas leur enlever ça.

Le défi de sortir un coupé luxueux

Il faut rappeler qu’à l’époque, la seconde génération de la Laguna fut une catastrophe qualitative. Malgré un restylage qui corrige un bon nombre de ses problèmes, le mal est fait. La marque « Laguna » a désormais une mauvaise réputation. Carlos Ghosn donne alors pour mission à ses équipes de concevoir une troisième génération de Laguna. Elle devra être une berline familiale fiable et économique.

C’est mission réussi, parce que la Laguna 3 accumule de nombreuses qualités. En plus de sa qualité perçue qui a monté en flèche, elle est effectivement fiable et possède un confort de roulage. Ceci émane du fait qu’elle soit assisté par un très bon châssis. Sans parler que la Laguna 3ème du nom inaugure le nouveau système 4control, à quatre roues directrices.

Mais Carlos Ghosn en veut plus. Il souhaite également un coupé GT basé sur ce nouveau châssis, et qui doit être le porte-étendard de Renault. Ceci en lieu et place de la Vel Satis, qui fut un échec commercial catastrophique. Elle est d’ailleurs parti discrètement du catalogue.

On voit clairement la ressemblance avec l'arrière de l'Aston Martin Vantage.

On voit clairement la ressemblance avec l’arrière de l’Aston Martin Vantage.

La conception du futur coupé

Afin de motoriser ce véhicule d’exception, Renault se servira de l’alliance Renault-Nissan en puisant dans le catalogue le V6 déjà présent sous le capot de la Vel Satis, l’Espace 4 ainsi que la Nissan 350Z. Le moteur de 3,5l est présent ici dans une variante plus dégonflée, puisqu’elle ne sortira « que » 240 chevaux au sein du Laguna Coupé GT. La 350Z, par exemple, sort plus de 300 chevaux avec la variante de ce V6.

Le but de la Laguna Coupé était de pouvoir aller vite, loin et ce confortablement. Il n’y avait pas pour but de concevoir une voiture purement sportive. Bien que la puissance qu’elle délivre permettait de se faire plaisir. Quand tu as une Laguna Coupé de 240 chevaux, tu auras forcément la boite automatique à 6 rapports, sans mode sport et avec un fonctionnement doux avant tout. Pour le marché français, une variante du V6 en diesel sera développé. Ce turbo diesel de 3l développera 240 chevaux, comme son équivalent en essence. Mieux encore, basé à 25% sur le moteur M de Nissan, ce V6 est radicalement silencieux à chaud et fera la majeure partie des ventes de la coupé, en V6.

De plus, la Renault Laguna Coupé peut être équipé du fameux châssis à 4 roues directrices (le 4control) et peut être installé conjointement avec le V6. Ce qui n’était pas possible sur la Laguna 3 classique. Ceci s’explique du fait que le 4control était de série sur les finitions GT des deux variantes, mais la berline ne propose que le 4 cylindres de 2l en essence, récupéré chez la Clio 3 RS. Cette finition se voulait plus sportive, avec une boîte manuelle et des suspensions plus rigides.

L’échec était pourtant inévitable

Pourtant, Renault a tout fait pour que la Laguna Coupé soit à la hauteur de la réputation tant attendue. C’est notamment pour cette raison qu’à Sandouville, chaque voiture sortant de la ligne fut inspecté. Un fait exceptionnel qui témoigne du sérieux voulu par Renault envers le modèle. Malgré tous les efforts pour offrir un couple Berline/Coupé avec un grand nombre de qualités, la Laguna 3 ne se vendra qu’à 350 000 exemplaires en 8 ans. On était loin de l’objectif de base, qui était de livrer 100 000 unités par an.

La Laguna Coupé connaîtra un sort plus violent. La lourde concurrence germanique n’y est pas anodin. Résultat, elle s’est vendue à seulement 28 000 exemplaires durant toute sa carrière. La Laguna est considéré comme un semi-échec. C’est pour cette raison que, d’une part, la marque « Laguna » fut abandonné au profit de « Talisman » et que; d’autre part, cette dernière ne sera pas disponible en variante coupé.

Au final, Renault n’aura pas su convaincre avec ce coupé. Certes, le prix était abordable, mais le produit n’était pas assez exclusif, ni suffisamment bien vu. L’arrivée de la série spéciale Monaco GP et du diesel de 110 chevaux lors de la phase 2 ne changeront pas la donne. Avec l’arrêt de la Laguna (et sa variante coupé); une page de l’automobile s’est tournée en 2015 avec la fin des moteurs V6 français. Que ce soit chez Renault ou PSA.

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