La Ronde de la Durance célèbre 50 ans de rallye à toute vitesse

Ronde de la Durance : une 50e édition anniversaire au cœur de la Provence

Les 26 et 27 septembre 2026, la Ronde de la Durance franchira un cap symbolique avec sa cinquantième édition. Organisée par l’ASA Roque et Durance, l’épreuve retrouvera son ancrage à La Roque-d’Anthéron et les routes des Bouches-du-Rhône, où pilotes et copilotes se retrouveront pour deux jours de compétition. Un demi-siècle d’existence ne se résume pas à un chiffre : il témoigne de la fidélité d’un territoire au rallye et de la capacité d’une manifestation locale à réunir, année après année, passion automobile et spectacle sportif.

La scène du départ conserve tout son pouvoir d’attraction. Les équipages s’installent dans leurs voitures, les casques se ferment et les copilotes relisent leurs notes, tandis que les moteurs se font entendre à proximité de la rampe. Le décompte donne le signal : quelques secondes séparent alors les préparatifs minutieux de l’entrée dans la course. Pour un spectateur venu découvrir la discipline, cette succession de gestes rend tangible ce qui se joue avant même le premier virage : concentration, coordination et confiance entre les deux membres de l’équipage.

Cette édition anniversaire s’inscrit dans une histoire qui dépasse les seuls résultats. Depuis cinquante ans, la Ronde attire des concurrents, des équipes et des spectateurs de Provence et des régions voisines. Les voitures changent, les technologies progressent et les catégories évoluent, mais l’essentiel demeure : un parcours à reconnaître, un chronomètre qui ne pardonne pas et une route où chaque équipage doit trouver le bon équilibre entre vitesse et maîtrise. C’est cette continuité qui donne à l’événement sa singularité.

Une tradition locale qui se transmet

La longévité d’une course automobile repose aussi sur un travail collectif souvent moins visible que les passages en spéciale. Organisateurs, commissaires, bénévoles, mécaniciens et collectivités contribuent à rendre possible le week-end. Leur engagement permet de coordonner les départs, les contrôles, les zones réservées au public et les interventions en cas de besoin. Pour une cinquantième édition, cette organisation prend une dimension particulière : elle relie les souvenirs des éditions précédentes aux attentes d’un plateau renouvelé.

Les passionnés peuvent retrouver dans ce rendez-vous plusieurs facettes du sport automobile. Il y a le duel au classement, bien sûr, mais aussi l’observation des trajectoires, la diversité des voitures et l’ambiance qui se forme autour des points accessibles au public. Une famille peut suivre le départ, rejoindre un secteur sécurisé, puis observer les véhicules revenir vers l’assistance. Le rallye se découvre ainsi par étapes, en passant du cérémonial à la mécanique, puis à l’intensité du chrono.

La dimension patrimoniale s’exprime également à travers le rallye historique, associé à l’événement, et par la place accordée aux voitures et aux pilotes qui ont marqué les éditions précédentes. L’anniversaire offre une occasion de regarder le chemin parcouru sans figer la course dans la nostalgie. Les équipages de 2026 apportent leurs propres ambitions, tandis que les routes provençales restent le décor commun de plusieurs générations de concurrents. La cinquantième Ronde célèbre donc autant une mémoire sportive qu’une tradition toujours en mouvement.

99 équipages engagés : les pilotes et voitures à suivre à la Ronde de la Durance

Le plateau annoncé pour cette 50e édition compte 99 équipages, un effectif qui promet une activité soutenue sur les routes comme dans les parcs. Parmi eux, dix voitures de catégorie Rally2 figurent dans la liste des engagés : huit Škoda Fabia, une Volkswagen Polo et une Citroën DS3. Cette concentration de voitures performantes donne une indication sur le niveau attendu en tête, mais la variété des catégories rappelle que le spectacle ne se limite pas aux candidats au classement général.

Maxime Belhomme sera l’un des concurrents particulièrement observés. Quintuple tenant du titre, il repartira avec une Škoda Fabia RS et le numéro 1, une position qui souligne son palmarès autant qu’elle attire l’attention sur sa performance à défendre. Le statut de favori n’offre toutefois aucune garantie sur des spéciales où la précision, la lecture des notes et la régularité pèsent autant que la puissance. Une faute de trajectoire ou un freinage tardif peut coûter de précieuses secondes, même à un pilote habitué à gagner.

Anthony Fotia, également engagé sur une Škoda Fabia, fera partie des pilotes à surveiller dans cette catégorie. La présence de plusieurs voitures capables de jouer les premiers rôles ouvre la possibilité d’une lutte serrée, sans que la liste des inscrits permette à elle seule de prévoir l’ordre d’arrivée. En rallye, les conditions rencontrées d’un passage à l’autre et la capacité à préserver la voiture peuvent transformer la hiérarchie. Le résultat se construit sur l’ensemble des huit spéciales, pas seulement sur un secteur spectaculaire.

Des équipages régionaux et des parcours variés

Nicolas Schifano, habitué des podiums de la Ronde, sera au volant d’une Renault Clio S1600. Son expérience de l’épreuve constituera un repère intéressant face à des concurrents venus chercher un résultat sur des routes qu’ils connaissent parfois moins bien. La familiarité avec un parcours ne remplace pas la vitesse, mais elle peut aider à mieux anticiper les enchaînements, à gérer les changements de rythme et à communiquer efficacement avec le copilote.

La famille Troin sera représentée dans les baquets de droite. Julie Troin, originaire de Peyrolles et titrée au niveau national la saison précédente avec Tom Benedetto, copilotera Sylvain Riberon sur une Renault Clio S1600. Sa sœur Fanny sera aux côtés de Joris Grimaud dans une Peugeot 208. Ces engagements illustrent une caractéristique essentielle de la discipline : copiloter ne consiste pas à accompagner passivement le pilote, mais à lui transmettre au bon moment des notes fiables, avec un rythme et une précision adaptés à la route.

Philippe Grégoire prendra le départ sur une Citroën C2, avec Elsa Laborel à ses côtés. Julie Troin, Fanny Troin et Philippe Grégoire ont également obtenu leur qualification pour la finale de la Coupe de France des rallyes. Ce rendez-vous à venir donne un relief supplémentaire à leur participation, même si la priorité du week-end reste de mener leur voiture au terme de la Ronde dans les meilleures conditions. Pour Julie Troin et Tom Benedetto, la finale aura une portée particulière puisqu’ils devront y remettre leur titre en jeu.

Repère de l’édition 2026 Donnée annoncée
Équipages engagés 99
Voitures Rally2 10, dont huit Škoda Fabia
Spéciales 8 sur deux jours
Distance chronométrée 38,68 km

La diversité du plateau fait de cette édition un rendez-vous où les favoris, les spécialistes régionaux et les équipages en progression peuvent chacun écrire leur propre histoire. Les différences de voitures et d’expérience donnent aussi aux spectateurs plusieurs façons de suivre la compétition, au-delà du seul duel pour la victoire.

Parcours et horaires de la Ronde de la Durance : huit spéciales en deux étapes

Le programme répartit la course sur deux étapes et quatre sections, avec huit passages chronométrés au total. Le samedi 26 septembre, le départ sera donné à 13 heures depuis La Roque-d’Anthéron. Les concurrents effectueront deux passages sur la spéciale La Roque-Lambesc, longue de 4,2 kilomètres, puis deux autres sur Lambesc-Charleval, qui mesure 5,5 kilomètres.

Le lendemain, les équipages reprendront la route dès 9 heures. La spéciale Charleval-Lambesc proposera un tracé de 5,78 kilomètres parcouru deux fois, avant deux passages entre Saint-Estève et Rognes, sur 3,86 kilomètres. Au total, les quatre parcours représentés deux fois conduisent à 38,68 kilomètres chronométrés. L’arrivée finale est annoncée en début d’après-midi à La Roque-d’Anthéron, après un week-end où l’endurance et la régularité auront leur importance.

Pourquoi la répétition d’un parcours change la course

Effectuer deux passages sur une même spéciale crée un exercice d’adaptation. Au premier tour, le pilote découvre le rythme réel de la route tandis que le copilote déroule ses notes. Au second, l’équipage dispose d’un premier repère concret : il peut comparer les sensations, identifier les endroits où gagner du temps et éviter de reproduire une hésitation. Mais connaître le tracé ne supprime pas les difficultés, car la confiance doit rester proportionnée à l’adhérence et à la visibilité.

Les distances différentes imposent aussi des approches contrastées. Une spéciale de 5,78 kilomètres laisse davantage de temps pour installer un rythme et gérer plusieurs séquences, alors qu’un parcours de 3,86 kilomètres exige de rester immédiatement dans le tempo. Pour un spectateur qui suit l’épreuve, ces écarts rendent la lecture du classement plus intéressante : une voiture peut se montrer rapide dans un secteur et devoir ensuite préserver son avance sur un tracé aux caractéristiques différentes.

Le copilote joue un rôle central dans cette gestion. Ses notes décrivent les virages, les changements de direction et les particularités du parcours selon un code partagé avec le pilote. La qualité de leur synchronisation devient particulièrement visible lorsque la route s’enchaîne rapidement : la voix doit arriver assez tôt pour préparer la manœuvre, sans perturber la concentration au volant. Cette relation explique pourquoi une course de vitesse reste aussi une affaire de communication et de méthode.

Suivre le rallye sans perdre le fil

Un public curieux peut organiser sa journée autour des horaires de passage, en vérifiant les informations officielles de l’épreuve et les accès autorisés. Il est essentiel de rester derrière les dispositifs de sécurité et de suivre les indications des commissaires. Un emplacement qui semble dégagé peut se trouver dans une zone exposée à une sortie de route : la visibilité ne suffit donc pas à garantir la sécurité, et seuls les secteurs autorisés doivent être utilisés.

  • Samedi : départ à 13 heures, deux passages sur La Roque-Lambesc et deux sur Lambesc-Charleval.
  • Dimanche : reprise à 9 heures, deux passages sur Charleval-Lambesc puis deux sur Saint-Estève-Rognes.
  • Arrivée : retour à La Roque-d’Anthéron en début d’après-midi, après les huit spéciales.

Ces repères donnent une vue d’ensemble, mais les horaires de passage peuvent dépendre du déroulement réel de la course. Pour les spectateurs, prévoir les déplacements et éviter de se rapprocher des zones de circulation est aussi important que choisir le bon secteur. Le parcours se comprend pleinement lorsque chaque spéciale est replacée dans l’effort global des deux journées.

Parc d’assistance et centre de course : les coulisses du sport automobile

Une épreuve de rallye ne se joue pas uniquement lorsque les voitures sont lancées sur le chrono. Entre les spéciales, les concurrents rejoignent régulièrement le parc d’assistance installé dans la zone de La Bertoire, à Lambesc. Les mécaniciens y contrôlent les voitures, interviennent en fonction des besoins et préparent les véhicules pour la suite du parcours. Un bruit inhabituel, une pièce à vérifier ou un réglage à reprendre peut nécessiter une intervention rapide, dans un cadre où le temps et les consignes d’organisation comptent.

Pour qui observe les coulisses, l’assistance révèle une autre facette de la course automobile. Les techniciens ne disposent pas d’un atelier ordinaire : ils travaillent dans un espace organisé, avec les outils et les pièces nécessaires, en tenant compte des délais imposés par le programme. Leur objectif est de rendre la voiture sûre et opérationnelle sans compromettre les étapes suivantes. Une intervention efficace peut préserver les chances d’un équipage, tandis qu’un problème qui s’aggrave risque de mettre fin à sa course.

La Bertoire, lieu d’observation de la préparation

Le parc d’assistance donne à voir la coopération entre pilote, copilote et équipe technique. Les premiers décrivent les réactions de la voiture sur la route, puis les mécaniciens vérifient les éléments concernés. Cette transmission d’informations est précieuse : le ressenti au volant peut orienter les contrôles et permettre de détecter un souci avant qu’il ne devienne plus sérieux. La compétition repose donc aussi sur la qualité des échanges, loin de l’image d’une voiture menée par un seul pilote.

Ce passage entre deux secteurs illustre la différence entre vitesse pure et performance durable. Une voiture peut afficher un bon rythme, mais les kilomètres répétés sollicitent ses composants et obligent l’équipe à surveiller son état. Il faut préserver les performances sans prendre de risques mécaniques inutiles. Pour un équipage, le bon choix n’est pas toujours de chercher le maximum à chaque virage : conserver une voiture fiable jusqu’au dernier chrono peut s’avérer décisif.

À La Roque-d’Anthéron, le centre culturel et sportif Marcel-Pagnol constitue le point central de l’épreuve. Le parc de départ, le PC course et l’arrivée y sont notamment regroupés. Cette concentration facilite le suivi de l’événement et donne au public un lieu où observer les moments clés, depuis la mise en place des voitures jusqu’au retour des équipages. Elle contribue aussi à relier la course à la commune qui l’accueille.

Un événement organisé pour les concurrents et le public

La sécurité et la lisibilité du dispositif supposent une coordination continue. Les équipes d’organisation doivent articuler les horaires, les déplacements et les espaces consacrés aux différentes activités. Le public, de son côté, participe au bon déroulement en respectant les zones indiquées et en suivant les consignes. Un rallye régional conserve une proximité particulière avec les spectateurs, mais cette proximité fonctionne seulement si chacun garde à l’esprit que les voitures évoluent dans un environnement exigeant.

Les lieux de rassemblement jouent donc un rôle pratique et humain. Ils rendent possible la rencontre avec l’univers de la passion automobile, permettent de mieux comprendre la préparation d’une voiture et montrent le travail collectif qui accompagne chaque départ. À Lambesc comme à La Roque-d’Anthéron, les coulisses rappellent que la performance se construit aussi entre deux chronos.

Une épreuve qui compte pour la Coupe de France et les challenges régionaux

La Ronde de la Durance ne se limite pas à son statut d’événement anniversaire. L’épreuve compte pour la Coupe de France des rallyes 2027, avec un coefficient 2, et pour les challenges de la Ligue Provence-Alpes-Côte d’Azur 2026. Ces inscriptions donnent un enjeu sportif concret aux résultats : les équipages disputent les spéciales du week-end tout en inscrivant leur performance dans des classements plus larges.

Le coefficient 2 indique la place de l’épreuve dans le dispositif de la Coupe de France, tandis que les challenges régionaux relient les concurrents à la saison de leur ligue. Pour un pilote, une participation peut répondre à plusieurs objectifs : viser la victoire, marquer des points, progresser sur un parcours exigeant ou préparer une échéance ultérieure. Les ambitions diffèrent, mais elles se rencontrent sur les mêmes routes et dans le même cadre réglementaire.

De la Ronde à la finale, un calendrier qui prolonge l’enjeu

La qualification de Julie Troin, Fanny Troin et Philippe Grégoire pour la finale de la Coupe de France donne une perspective supplémentaire à leurs engagements. Leur présence à la Ronde n’est pas un simple épisode isolé : elle s’insère dans un parcours sportif qui se poursuit au-delà du week-end provençal. Pour Julie Troin et Tom Benedetto, la finale prendra une résonance particulière puisqu’ils y défendront leur titre national de la saison précédente.

Cette continuité est l’une des dimensions les plus intéressantes du calendrier. Un équipage doit gérer les objectifs immédiats sans perdre de vue la suite : pousser pour obtenir un bon résultat, mais aussi préserver la voiture et éviter une erreur qui compromettrait les rendez-vous suivants. Un pilote peut être tenté de gagner quelques secondes dans un secteur, tandis que son copilote rappelle les contraintes du classement général ou de la mécanique. Le sport automobile demande ainsi des choix tactiques à chaque étape.

Pour le public, ces enjeux offrent un moyen simple de suivre la course au-delà du nom du vainqueur. Observer un équipage qualifié pour une finale, repérer les pilotes familiers des podiums ou comparer les performances des catégories apporte du contexte aux chronos. Un passage rapide n’a pas la même signification selon qu’il permet de prendre la tête, de sécuriser une position ou de maintenir une voiture en état. La grille de lecture devient plus riche à mesure que l’on connaît les objectifs des concurrents.

Ce que signifie célébrer cinquante ans de course

Une cinquantième édition permet aussi de mesurer la place d’un rallye régional dans son environnement. L’événement associe une organisation locale, des concurrents de niveaux et de parcours différents, ainsi qu’un public attiré par le bruit des moteurs, la précision des trajectoires et la proximité avec les équipages. Le rallye historique évoque la mémoire de la discipline, tandis que les catégories actuelles montrent les évolutions du matériel et des pratiques. Les deux dimensions se complètent sans se confondre.

La Ronde rejoint ainsi une tradition française de manifestations où le sport, le territoire et la transmission avancent ensemble. Les routes de Provence offrent le décor, mais ce sont les personnes qui font vivre le rendez-vous : ceux qui préparent les autos, ceux qui donnent les notes, ceux qui sécurisent le parcours et ceux qui viennent suivre les passages. À chaque édition, les générations se croisent autour d’une même exigence de précision.

À l’occasion de cet anniversaire, l’attention se porte naturellement sur les chiffres — 99 équipages, dix Rally2, huit spéciales et 38,68 kilomètres chronométrés —, mais ils ne racontent qu’une partie de l’événement. Derrière eux se trouvent des stratégies, des relais d’expérience et des histoires de course qui se construisent virage après virage. La cinquantième Ronde de la Durance conjugue héritage régional et compétition bien actuelle, avec chaque dixième susceptible de faire la différence.

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Yann Richards
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