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Pourquoi la Renault Talisman ne se vend pas si bien que ça ?

par Sam

Dans la série des modèles qui ne marchent pas tant que ça, on va maintenant s’intéresser à la Renault Talisman. Sortie en 2015 (mais commercialisé à partir de 2016); elle avait la lourde tâche de remplacer la Renault Laguna. Mais elle devait aussi compenser l’arrêt des véhicules haut de gamme de Renault. En effet, la dernière en date, c’était la Lattitude. Sauf que cette dernière fut un bide. Encore pire que la Laguna III, parce que même si les chiffres de ventes ne sont pas mirobolants pour cette dernière, ça allait tout de même.

Renault a décidé de ne pas reconduire le nom « Laguna » car apparemment, les nombreux problèmes de fiabilité qu’à connu ce modèle a eu raison de son succès. Les clients étaient visiblement devenus méfiants vis-à-vis de la simple prononciation de « Laguna », alors que la troisième génération n’a pas eu tant de soucis que ça. En tout cas, ça a été corrigé lors des phases suivantes.

Elle a donc lancé la Talisman. Pour la faire courte, cette berline, c’est comme la 508 de Peugeot. De même que cette dernière remplace à la fois deux modèles (407 et 607) pour s’intercaler au milieu, la Talisman fait de même en remplaçant à la fois la Laguna et la Lattitude. Même si elle se rapproche tout de même de la première. La Lattitude n’étant qu’un simple changement de logo d’un modèle coréen.

Si les chiffres de ventes étaient correctes la première année, les problèmes de fiabilité (oui, encore…) qu’ont connu les premiers véhicules n’ont pas fait bonne presse au modèle. Ce faisant, le modèle voit ses ventes chuter d’année en année. Déjà, en 2018, il s’est écoulé moins de 8000 Talisman. Cette année, sa concurrente, la Peugeot 508 II se vend deux fois plus. Autant te dire que Renault vit un échec cuisant avec la Talisman.

Un restylage aura lieu début 2020, mais en interne, il se murmure qu’une Talisman II sortira quand même, malgré ce que j’ai dit dans cet article. En effet, Renault ne peut quand même pas abandonner ce créneau de la berline familiale, même si la plupart des clients de ce modèle sont les entreprises et les taxis.

Dans cet article, on va tenter de comprendre pourquoi la Talisman ne se vend pas tant que ça. Et ce, en dehors des problèmes de fiabilité qui n’ont tout de même pas aidé le modèle, bien que désormais, ça va mieux à ce niveau.

Une berline classique, à en être triste

La simplicité de l’explication réside dans le fait que l’extérieur passe, sans plus. C’est une berline classique, qui ne dégage pas grand chose. Elle a une belle coupe, surtout à l’arrière. Mais l’avant n’est pas terrible. Même si Renault n’a pas voulu compliquer les choses, ça part dans tous les sens. La Peugeot 508 II a plus de personnalité par exemple. Même la première 508, bien que normale, était sympa et statutaire. La Talisman est faussement statutaire.

En fait, elle en fait trop avec le gros logo de la calandre. Je sais que c’est sur tous les modèles du losange, mais sur la Talisman, ça en rajoute d’autant plus. Un gros logo, quand tu es Mercedes, ça passe. Mais quand tu es une marque généraliste, c’est comme si tu prétends être quelque chose que tu n’es pas. Celui qui a réalisé ce design est allemand, donc on peut comprendre d’où ça vient. Mais bon.

L’intérieur de la voiture

Ensuite, imaginons que je suis un client qui souhaite une belle berline. Je regarde l’intérieur de la Talisman, et que vois-je ? Une console centrale tout droit sortie de 2013, un volant que l’on retrouve sur la Clio, la Captur… Bref, sur toute la gamme. Ce qui fait tout, sauf premium. Déjà là, on part mal.

Au début, quand tu ouvres la portière, tu te dis que ça commence bien. Puis, tu commences à voir le volant banal, le compteur avec des arches… En passant, j’ai toujours trouvé ça moche. Soit tu proposes que de l’analogique, soit que du numérique. Cela dit, quand tu es devant le dit-compteur avec les arches, ce n’est pas dérangeant. C’est surtout quand on le voit de côté que ça ne rend pas bien. Mais je pense que ça partira avec le restylage.

Ensuite, quand tu vois la console centrale qui fait penser à un Windows Phone, ça n’a rien de premium. C’est dans ce cas de figure que les concurrents s’en sortent bien. La Wolkswagen Passat par exemple est plus austère, mais c’est bien présenté tout de même. Quant à la 508 II, c’est tout un univers, on se croirait dans un vaisseau spatial. Ce qui rend le design à la limite du jouissif.

Les autres facteurs qui expliquent l’échec de la Talisman

La concurrence fait mieux. Au même prix, tu roules en Skoda Superb. La revente est catastrophique, parce que la décote du modèle est violente. Surtout s’il s’agit des modèles de 2016 ou 2017. Quand tu vois des Initial Paris à 20 000€ environ, ça reste une bonne affaire sauf pour le propriétaire.

Ensuite, l’échec du modèle s’explique principalement par une collection de petits détails. On a notamment les hauts parleurs a flanc dans le coffre, ce qui est inadmissible pour une berline qui se veut premium. Le logiciel de la console centrale (R-link) est horrible à l’utilisation, c’est d’ailleurs pour ça que Renault est passé du système LG au système Bosch pour l’Alpine A110 et la Clio 5. Elle devrait être proposé pour le restylage de la Talisman cependant.

Les finitions sont parfois décevantes. On a l’impression d’avoir une berline bas de gamme avec la finition Business et celles d’en dessous. Quand tu prend l’Initiale Paris, obligé d’avoir les jantes 19 pouces. Ce n’est pas forcément l’envie de tout le monde. Malgré que ce soit une berline, elle n’a pas de hayon.

J’ai failli oublier…

Et enfin, le plus gros point noir de la Talisman : Sa capacité en réservoir ! C’est le pire point négatif de la voiture, et je suis certain que si l’on devait comparer la capacité de réservoir de toutes les berlines de son segment, la Talisman serait quand même la pire.

Quand tu sais que la 508 hybride diesel de l’époque pouvait avoir une autonomie de 2000 km au maximum, le bat blesse quand tu apprends que la Talisman propose un réservoir de 51 litres. Et encore, sa taille peut diminuer pour passer à 42 litres si tu optes pour le 4 control (4 roues motrices).

L’autonomie ne sera donc pas terrible, surtout en essence. Et ne croyez pas que la Talisman ne consomme que 4 litres au 100. On est plus aux alentours de 6 litres en diesel, et environ 8,2 litres en essence. Pour une autonomie de 800 km environ en diesel, et de 640 km en essence. Pour une berline qui est censé parcourir de l’autoroute en majorité, c’est moyen.

En conclusion

La Talisman ne se vend pas bien à cause d’un choix esthétique discutable, d’un intérieur qui ne fait pas premium, sauf si on prend la finition Initiale Paris qui donne plus cette illusion du premium; mais aussi d’une collection de petits détails qui, accumulés, nous donne envie d’aller voir chez la concurrence. C’est dommage qu’ils se soient autant raté dessus. Surtout qu’au début, elle me faisait de l’œil tout de même. Mais dès lors que tu prends en compte tout ça, tu regarderas chez le voisin.

C’est dommage, parce que ça partait d’une bonne intention de proposer une berline premium, mais l’échec n’est pas innocent. Rajoutons à cela une Mégane qui copie la Talisman et qui est 10 000€ moins cher (si tu n’as pas besoin d’un coffre plus grand, et encore la Mégane Estate existe), le marché des SUV au plus haut et on espère que Renault va quand même proposer une Talisman II digne de ce nom.

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